Mobilisation gagnante pour la LGV Toulouse > Bordeaux

Si le projet de Ligne Nouvelle Montpellier Perpignan (LNMP), maillon de ligne grande vitesse (LGV) ayant vocation à relier la péninsule ibérique à la France, semble désormais sur les rails, l’autre grand projet de LGV porté par les acteurs du territoire s’est confronté ces derniers mois aux signaux contradictoires de l’État. Les Régions Occitanie et Nouvelle Aquitaine, fers de lance de ce projet de train à grande vitesse entre Toulouse, Bordeaux et Dax, ont sonné une mobilisation générale qui a fini par payer, avec la signature d’un protocole d’accord désormais irréversible, le 7 mai dernier, entre le Gouvernement et les collectivités concernées.

La LGV, on la veut !

Ce projet de ligne à grande vitesse entre Toulouse, Bordeaux et Dax, et au final reliant la capitale d’Occitanie à Paris, ne représente rien de moins que la réparation d’une injustice territoriale majeure.

Aujourd’hui, 60% des Français vivant à plus de 4 heures de Paris résident en Occitanie. Il faut en effet actuellement 4h30 pour rejoindre Paris depuis Toulouse en train, et 2h30 pour se rendre à Bordeaux.
Cette LGV que les habitants, les collectivités et les entreprises d’Occitanie attendent depuis 27 ans, représente plus qu’un mode de transport plus rapide et plus écologique, c’est aussi un levier de développement économique. C’est surtout devenu une question d’équité territoriale, d’équité entre les territoires français, et entre les citoyens de notre Pays.

Désenclaver l'Occitanie, reconnecter Toulouse

Comme le montre cette carte, qui illustre l’éloignement des principales villes françaises de Paris par les temps de trajets en train, les villes les plus éloignées de la capitale sont en grande majorité situées en Occitanie.

Toulouse, en passe de devenir la 3e ville de France devant Lyon, est néanmoins reléguée à plus de 4h de Paris, quand Marseille n’est qu’à 3h de la capitale, alors que la cité phocéenne en est plus éloignée géographiquement.

Au-delà de la volonté de la Région Occitanie de réparer cette injustice territoriale subie par ses habitants, connecter enfin Toulouse et sa région au réseau ferroviaire à grande vitesse permettrait aussi de renforcer les liaisons vers l’Espagne et la côte atlantique, et de développer l’attractivité économique et l’emploi sur le territoire.

La ligne nouvelle, pour plus de trains du quotidien

Cette nouvelle ligne offrirait également l’opportunité d’augmenter l’offre et la fréquence des trains liO, pour les usagers du quotidien, sur un réseau ferroviaire existant déjà saturé autour de Toulouse. Dans la perspective du RER toulousain, également appelé SERM métropolitain, la LGV Toulouse – Bordeaux permettrait ainsi de dégager les sillons ferroviaires indispensables pour proposer aux habitants du nord toulousain jusqu’à 6 trains par heure entre Castelnau-d’Estrétefonds et Toulouse en heure de pointe.

Un protocole signé pour un accord irréversible entre l'Etat et les Régions

A l’occasion de la signature de ce protocole, le 7 mai à Toulouse, les collectivités ont tenu à rappeler qu’elles abondent financièrement ce projet à des niveaux inégalés en France (à hauteur de 40%), et que ce protocole concerne l’intégralité du schéma de la LNSO (Ligne Nouvelle du Sud-Ouest), avec les deux branches indissociables de la ligne nouvelle :

  • Toulouse > Bordeaux ;
  • Et Bordeaux > Dax, appelée à s’inscrire dans la continuité du tracé vers l’Espagne et le réseau européen de grande vitesse

Dès 2026, cet engagement politique se traduira concrètement par des engagements financiers solides et coordonnés de l’État et des collectivités territoriales, permettant de poursuivre les acquisitions foncières, les études, les mesures environnementales et le lancement des procédures de contractualisation des marchés, dans un cadre sécurisé et lisible pour l’ensemble des acteurs.


Au total, 820 M€ seront engagés au cours des années 2026 et 2027, à parité entre l’État et les collectivités territoriales, pour aller jusqu’à l’attribution des marchés de construction. Les parties signataires s’engagent à ce que la procédure d’attribution des contrats soit engagée avant la fin de l’année 2026.


La solidarité exemplaire démontrée, tout au long de ce bras de fer engagé avec l’État, entre les Régions Occitanie et Nouvelle Aquitaine, ainsi que de la part de l’ensemble des collectivités locales partenaires, aura permis de sauver un projet indispensable et vital pour les habitants et les territoires.

TGV, le long du Canal du Midi, Castelnau-d'Estrétefonds (31) circulant aujourd'hui sur une ligne mixte. ©Léo Arcangeli- Région Occitanie

La LGV en chiffres

  • Toulouse > Paris en 3h10 (contre 4h30 aujourd’hui)
  • Toulouse > Bordeaux en 1h (contre 2h30 aujourd’hui)
  • + de trains liO sur la ligne classique, pour un service quotidien amélioré
  • Un RER toulousain proposant jusqu’à 6 trains par heure entre Castelnau-d’Estrétefonds et Toulouse et 3 nouvelles gares. 
  • Le grand Sud-Oust, ce sont 12 millions d’habitants 
  • Le Partenariat Public-Privé (PPP) proposé par l’Etat représenterait un surcoût de 7 milliards € et 2 ans de retard au projet initial.
  • Un TGV émet 67 fois moins de CO2 qu’un avion sur le trajet Toulouse Paris.

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