Coup d’œil dans le rétro, regard vers l’avenir

10 ans ! 10 ans déjà que la Région Occitanie est née de l’unification des ex-Régions Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées. A peine éclose, cette grande et jeune collectivité a posé, dès 2016, en acte fondateur de sa politique de transports et de mobilités, un dispositif inédit et ambitieux de concertation par son ampleur : les États Généraux du Rail et de l’Intermodalité (EGRIM).

Ainsi dès avril à juillet 2016, la concertation des EGRIM a mobilisé plusieurs canaux d’information et d’échanges accessibles au grand public, afin de mobiliser toute la population régionale :

  • 37 réunions publiques organisées dans les 13 départements que compte l’Occitanie
  • 3 100 citoyens ayant participé à ces réunions publiques
  • Un questionnaire distribué lors des réunions publiques, devant les gares et dans le journal de la Région (plusieurs millions d’exemplaires)
  • 13 798 personnes ayant répondu au questionnaire papier ou en ligne
  • 286 contributions directes de citoyens, usagers ou organisations
  • Une information dans chaque gare
  • La saisine du Conseil économique, social et environnemental régional (CESER)

Ces différents outils ont été disponibles durant 80 jours, du 21 avril au 9 juillet 2016.

Cette concertation unique en France a permis d’identifier 10 grands chantiers prioritaires à mener en Occitanie :

1

L’amélioration de la qualité de service du train régional TER

2

L’harmonisation de la tarification et le billet intermodal

3

La sauvegarde des lignes ferroviaires et l’adaptation de l’offre de train régional TER

4

La mise en accessibilité des services ferroviaires et routiers

5

L'arrimage de la région à la grande vitesse

6

L’intégration et le redéploiement des services autocars/TAD dans une logique intermodale

7

La multiplication des pôles d’échanges multimodaux (PEM)

8

L’avenir des trains d’équilibre du territoire

9

La relance du fret ferroviaire

10

La poursuite de la concertation et les relations partenariales

On s'était dit "rendez-vous dans 10 ans"

Alors, 10 ans plus tard, où en est-on ? La question est légitime. Comme l’idée de retourner sur le terrain, pour rendre compte auprès des citoyens et des usagers, dans les territoires, des réalisations concrètes, des actions menées, des projets en cours, et parfois aussi des difficultés rencontrées.

Ainsi, entre avril et décembre 2026, Jean-Luc Gibelin, vice-président de la Région Occitanie en charge des mobilités pour tous et des infrastructures de transports, va sillonner la région. Une série d’une vingtaine de dates est ainsi programmée dans les 13 départements de la région, afin de venir au contact des élus des territoires et des associations pour évaluer le chemin parcouru en 10 ans.

Les chiffres clés

+ 16% de trains entre 2016 et 2026

+ 68% de fréquentation

2 lignes ferroviaires rouvertes

450 réunions de concertations organisées

Une tournée bilan, mais quel bilan ?

Bilan plutôt positif en matière d’amélioration de l’offre de trains régionaux, avec + 16% de trains entre 2016 et 2026, et + 68% de fréquentation. Et surtout, la Région Occitanie est la seule en France a avoir procédé à la réouverture de 2 lignes ferroviaires pour les trains de voyageurs : l’une sur la rive droite du Rhône (2023) et l’autre entre Montréjeau et Luchon (2025).

A mettre à l’actif de la Région également, la mise en place d’une tarification plus lisible et plus accessible, avec des billets dès 1€, et la gratuité à l’usage pour les 12-26 ans. 

Seule Région également à avoir créé ce billet intermodal souhaité par de nombreux participants aux EGRIM, via l’application Fairtiq, permettant de passer des trains aux cars liO, en utilisant son seul smartphone, et en bénéficiant d’une dégressivité à l’usage.

La mise en accessibilité, comme la multiplication des pôles d’échange multimodaux ont également représenté des marqueurs forts de l’action régionale. On peut en dire autant du renforcement conséquent de l’offre autocar et de TAD sur l’ensemble du territoire, depuis le transfert de cette compétence des Départements à la Région en 2017. 

A mettre également au crédit de la Région, sa volonté de poursuivre la concertation avec les partenaires, acteurs, usagers et associations en créant tout d’abord les Comités Départementaux des Mobilités (CDM), puis les Comités de Partenaires, et enfin les Comités de Suivi de Desserte Ferroviaire (CSDF). Ces instances, auxquelles nous pourrions ajouter la Journée des mobilités actives, se réunissant plusieurs fois dans l’année depuis leur création (plus de 450 réunions entre 2017 et 2026 !).

Unique en France, la Région Occitanie a en outre créé une plateforme de concertation laregioncitoyenne.fr dans laquelle des modules spécifiquement dédiés aux concertations sur les mobilités ont été prévues, et permettent de prolonger les échanges, de poster des contributions, sans attendre les réunions en présentiel ou en visioconférence avec l’ensemble des parties-prenantes. A date, plus de 1 250 inscrits sont actifs sur cette plateforme pour parler mobilité !

L’Etat, lui, n’est toujours pas au rendez-vous

Les chantiers sur lesquels la Région n’a pas pu avancer comme elle le souhaitait sont ceux qu’elle ne peut porter seule, sans financement de l’Etat, ou sans facilitation de sa part. C’est d’ailleurs plutôt une complexification des procédures qui est constatée depuis quelques années, induisant un ralentissement du calendrier de ces chantiers majeurs. 

L’exemple de l’arrimage de la région au réseau à grande vitesse en est la parfaite illustration. Alors que 60% des Français vivant à plus de 4h de Paris sont des habitants d’Occitanie, et que le projet de LGV Toulouse – Bordeaux – Paris est lancé et a trouvé, grâce à la mobilisation de la Région et des collectivités concernées, les accords de financement nécessaires, l’Etat semble s’en désengager progressivement…

 

La Région dresse le même constat concernant les trains d’équilibre du territoire ou la relance du fret ferroviaire. Elle ne va pas pour autant cesser de se battre pour que le train soit enfin, et de nouveau, considéré au plus haut sommet de l’Etat comme un mode de transport d’avenir.

Un bilan, et ensuite ?

La Région Occitanie, toujours en pointe sur la concertation et l’innovation en matière de participation citoyenne, va dès à présent se projeter sur l’avenir.

©GAB. En partenariat avec le Club de la presse Occitanie, la Région Occitanie et liO soutiennent les dessinateurs de presse.

Au dernier trimestre 2026, elle réunira un Comité Régional de Dialogue Citoyen (CRDC), pour élaborer des propositions qui lui permettront de réfléchir et construire ses futures politiques de mobilités, notamment dans les territoires ruraux.

Ce nouveau dispositif de démocratie participative consisterait à réunir un panel de 48 membres : 12 élus régionaux et 36 citoyens tirés au sort parmi les habitants d’Occitanie, âgés de 18 ans et plus d’élus et de citoyens. Les membres du comité se réuniraient lors de quatre séquences, sur une période de trois mois.

Les conclusions du Comité régional du dialogue citoyen seront présentées par des rapporteurs élus et citoyens lors de l’Assemblée Plénière suivant la fin des travaux. Le Conseil Régional s’engagera à répondre à l’avis formulés en deux temps : d’abord, un plan d’actions sera présenté six mois après les travaux, puis une évaluation de l’impact des actions sera effectuée dix-huit mois plus tard.

Car en matière de mobilités et de transports, demain doit se préparer avec tous et dès à présent.

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